Opération Tabaski : Macky Sall éleveur de moutons…

Dans un entretien accordé à nos confrères de La Tribune, le communicateur traditionnel Khadim Samb, a parlé de ses activités « florissantes » dans le secteurs de l’élevage. En cette période de fête de Tabaski, il s’active pleinement dans la vente de mouton.

Abordant la question de la politique d’élevage du Gouvernement du Sénégal, Khadim Samb a félicité le Président Macky Sall qui, indique-t-il dans la foulée, est lui-même éleveur de moutons.

Voici l’intégralité de l’interview :

D’où vous est venue votre passion pour les moutons ?

À la limite je pourrais dire que je suis un mouton (taquin). Je côtoie le bétail depuis ma naissance. Mon grand-père paternel est boucher, son grand-père était boucher, mon grand-père paternel est boucher tout comme mon père. Tout ce que j’ai obtenu dans ce monde je l’ai eu grâce aux moutons. C’est l’élevage qui m’a permis d’avoir des épouses, de baptiser mes enfants, de payer leurs études, car aucun d’entre eux n’a jamais perçu de bourse d’études. C’est grâce aux moutons que j’ai des voitures, c’est aussi grâce à eux que j’ai eu beaucoup d’entregent. Mes activités dans la dibiterie occultent un peu le fait que je suis éleveur, mais c’est une activité que je pratique depuis mon bas-âge. Aussi belle que puisse être une maison, je fais en sorte d’acheter un terrain à proximité exclusivement dévolu à l’élevage. Il en est ainsi pour toutes mes maisons, surtout celle qui se trouve à Mbour. Le mouton occupe une place importante dans nos vies, il nous accompagne dans la vie de tous les jours et occupe aussi une place importante dans notre pratique religieuse. C’est d’ailleurs par un bélier que Dieu a remplacé Ismaïla, le fils qu’Abraham était sur le point de sacrifier. Et avant de baptiser un enfant, les musulmans égorgent aussi un bélier.

Comment êtes-vous passé de la dibiterie à l’élevage ?

Comme je vous le disais tantôt, tout ce que j’ai obtenu je l’ai obtenu grâce aux moutons. Je suis venu à Dakar en 1969, je m’activais comme planton, charretier, porteur de bagages, petit commerçant… Il en était ainsi jusqu’en 1973 – 74. J’ai rendu visite à un ami de mon père, Aladji Sidi Kane – que Dieu lui accorde le paradis. Ce dernier m’a mis en relation avec Ahmet Fall Dollar qui gérait la seule dibiterie du Sénégal à l’époque. Elle était sise à la Rue 3 x Blaise Diagne et accueillait chaque soir des députés, des ministres, des magistrats, des avocats et les plus grands leaders politiques tels que Lamine Diack à qui nous souhaitons de revenir en paix au Sénégal. Adja Aram Diène, Adja Seynabou Guèye Ndatté, Gorgui Ndout Dial, Dr Samba Guèye, le commissaire Serigne Thiam, le colonel Souleymane Sarr, l’ancien ambassadeur de Guinée Pape Lamine Diallo, Madia Diop de la Cnts, et j’en passe, fréquentaient régulièrement cette dibiterie où je travaillais. Ahmet Fall Dollars me payait à l’époque 200 francs Cfa par jour et me  disait que d’heureuses perspectives pouvaient s’ouvrir à moi dans la dibiterie, mais aussi dans l’élevage. Ma présence à la radio et à la télévision relève du miracle. J’ai commencé à Sud Fm où j’ai fait 25 ans. Le directeur Babacar Touré m’a connu à travers les moutons, tout comme Babacar Diagne ancien directeur de la Rts, Idrissa Seck, le Président Macky Sall, Cheikh Anta Diop. L’immeuble qui abritait le groupe Sud était au niveau de la salle de vente. À la création de Sud Hebdo, le directeur Babacar Touré passait souvent acheter du dibi. À force de discuter avec lui nous avons sympathisé, et il m’a coopté pour intégrer la radio Sud Fm qui était en passe d’être ouverte, car il appréciait mon intelligence et ma manière de décortiquer la lutte. C’est pourquoi je dis que je suis le premier boucher à devenir un journaliste clef en charge d’émissions bien suivies. Un de mes amis m’a un jour demandé quand j’allais prendre mes distances avec les moutons ? Je lui ai répondu que s’il ne tenait qu’à moi je serais enterré à côté des moutons, car encore une fois ils m’ont tout donné… sauf un avion.

Les acheteurs déplorent toutefois le prix élevé des moutons cette année. Êtes-vous du même avis ?

Les moutons ne sont pas tous élevés dans les mêmes conditions, ce qui peut expliquer la disparité des prix. Il faut aussi relever que la période coïncidant avec la tabaski est une période exceptionnelle parce qu’au mois d’août on devrait être en train de manger du niébé, du maïs… au mois d’août le tapis herbacé devrait être bien fourni, l’eau devrait être abondante ce qui permettait aux éleveurs provenant du Mali ou de la Mauritanie de faire paître les bêtes à destination du Sénégal sans trop dépenser. Cette année, il n’a pas plu, le sac de paille fourragère coûte actuellement 7500 voire 8000 francs, les aliments pour bétail communément appelés “Ripasse“ 9000 à 9500 francs, ce qui fait que nombre de moutons coûtent chers. Toutefois, l’offre est bien présente et le marché est bien approvisionné.

Comment appréciez-vous les politiques publiques mises en place pour soutenir l’élevage ?

Il y a eu des avancées importantes dans ce domaine. Le président de la République a boosté l’élevage, la pêche et l’agriculture. Il a institué une journée nationale de l’élevage qui se tient chaque année et qui est une grande première pour le Sénégal. Je rends aussi hommage à Madame Aminata Mbengue Ndiaye (ancienne ministre de l’Élevage). À pareille heure, l’an dernier, elle venait régulièrement dans cet enclos. Nous avons eu une collaboration fructueuse sur les questions relatives à l’élevage. À travers elle, le président a régulièrement subventionné les intrants tels que les aliments – à travers une approche inclusive ne laissant aucune localité en rade. J’ai un agneau qui a 1 mois et neuf jours, mais si vous me payez cash un million de francs je ne le vendrais pas. J’ai aussi une bête née il y a quatre jours que je ne vendrais pas même si on me proposait 500.000 francs. Cela en dit long sur la valeur ajoutée que peut apporter cette activité. À l’époque, l’élevage était délaissé aux paysans mais maintenant, des intellectuels de haut niveau, des professeurs agrégés, des magistrats, des docteurs, des avocats, des ministres élèvent des moutons, y compris le Président Macky Sall qui a des moutons, des vaches et qui s’active aussi dans l’agriculture. Cela témoigne que l’élevage est une activité lucrative.

Quelles raisons vous poussent à apporter un soutien sans faille au Président Macky Sall ?

Le programme que le président a élaboré en 2009, avec une forte teneur sociale, est en phase avec le programme sur lequel reposait mon entrée en matière politique. Depuis ma naissance, je n’ai été membre que d’un parti : le Rnd dont j’avais acheté la carte de membre à cinquante francs. S’il en est ainsi, c’est parce que Cheikh Anta Diop est parent à Serigne Cheikh Mbacké ibn Serigne Modou Moustapha, à qui j’ai fait allégeance. Cheikh Anta Diop était une éminence grise, mais le régime de l’époque lui mettait des bâtons dans les roues. J’ai même augmenté mon âge pour voter pour Cheikh Anta Diop. Les Baol Baol étaient mobilisés derrière lui et lui témoignaient leur soutien lorsqu’il était détenu à Diourbel. Nous l’avons soutenu dans la clandestinité et c’est pourquoi lorsque je suis arrivé à la rue 3 x Blaise Diagne je me suis davantage imprégné des questions politiques auprès des Djim Sarr, Ousmane Ngom, Ismaïla Diagne, Pape Mour Sall… C’était des politiciens mais aussi des syndicalistes et j’ai par la suite rejoint le front syndical en me détachant de la politique. Pour en revenir à Macky Sall, je salue sa proximité avec les populations. Je vous assure qu’entre 2009 et 2019 il a davantage sillonné le Sénégal que tous ses prédécesseurs réunis. Son programme rejoint celui du Rnd de Cheikh Anta Diop et les affinités se sont naturellement tissées. Il aurait été facile pour moi de rejoindre l’Apr, mais dans ce cas, je n’aurais pas pu le soutenir à ma guise. C’est pourquoi j’ai créé le mouvement Leungo pour massifier sa base politique en convaincant les sceptiques ou ceux qui n’étaient pas au fait de sa vision. Le mouvement a été créé le 30 mars 2012, nous sommes actuellement à 70.000 membres. Lors du référendum j’ai remporté ma commune (Dendeye Gouy Gui), tout comme les législatives et la présidentielle. Le Président Macky Sall y a obtenu 1126 voix de plus qu’Ousmane Sonko et 457 voix de plus qu’Idrissa Seck. Politiquement, mon seul patron est Macky Sall, il est le seul à qui je rends des comptes et il sait bien ce que je peux lui apporter. De 1930 quand Colin était commandant de cercle à Diourbel jusqu’en 2019, je suis le seul à avoir créé un mouvement et à avoir rempli  le stade Élimanel à l’occasion d’un meeting. À part moi, nul ne l’a jamais fait, qu’il s’agisse de ministres, de députés et j’en passe. Les autres se contentaient de barrer les routes ou de dresser des tentes sur des terrains vagues pour leurs meetings. Ce jour-là le Président Macky Sall m’a personnellement appelé pour me féliciter.

 

Serez-vous candidat lors des prochaines élections locales ?

Si les élections locales devaient se tenir demain, après-demain je serais élu maire inchallah. Je serais candidat dans ma localité. Je préfère être maire de mon terroir plutôt que maire de Dakar ou ministre de la République. Cependant, je nourris l’ambition de siéger à l’Assemblée nationale pour porter la voix du peuple. Je vois des députés qui ne savent pas la mission qui est la leur. On siège à l’Assemblée nationale pour défendre les intérêts du peuple et non pour s’arc bouter à des considérations crypto personnelles. Par la grâce de Dieu, je souhaite être député maire, mais je précise que j’arrêterai de faire la politique lorsque le Président Macky Sall quittera le pouvoir. Cependant, le mouvement Leungo compte en son sein des cadres, des magistrats, des médecins, des sages-femmes d’État, mon fils est médecin chef à Moncton au Canada et c’est lui qui représente le mouvement dans ce pays… Quand  je quitterai le champ politique je ne parachuterai pas mon fils à la tête de ce mouvement. Je compte laisser les cadres qui l’ont précédé statuer pour définir qui sera en mesure d’assurer la relève.

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