Sonko renvoyé au gnouf de ses propres aveux

On n’en finira jamais des coups bas en politique sous nos cieux. Après la libération de Khalifa Sall qui aura purgé plus de 900 jours de prison suite à ses démêlés avec Dame Justice, l’affaire des 94 milliards pourrait renvoyer le leader de Pastef au gnouf de ses propres aveux .Dans un contexte d’apaisement politico-social où tous les Sénégalais ont poussé un grand Ouf de soulagement, les mêmes causes politiciennes produisent les mêmes effets. Khalifa Sort du bois, Sonko aux abois à l’hémicycle. En politique, tout est question de lutte pour et autour du pouvoir.
Dans l’affaire des 94 milliards, il sera difficilement concevable que le commun des mortels Sénégalais prenne pour argent comptant les manœuvres de la majorité engluée dans un dossier où elle est à la fois juge et partie. A tort ou à raison, aucun sénégalais ne sait de quel côté se trouve la vérité mais au moins, nos compatriotes savent du point de vue du parallélisme des formes que le plus fort chercherait toujours à user de sa force pour écraser le plus faible. En effet entre Sonko et ses détracteurs du régime, plus aucun compromis n’est possible. De la même manière que Khalifa Sall et Karim Wade ont été fauchés pour des raisons évidentes, Ousmane Sonko semble mis en orbite pour le même rituel. Contextuellement et pour la première fois depuis le début du magistère du pouvoir en place, les retrouvailles entre Wade et Macky et la libération de Khalifa Sall ont eu l’heur d’apporter du baume au cœur de tous les Sénégalais. Car, le Sénégal est réputé un havre de paix et de concorde sociale. Mais au-delà des apparences et des effets de manches, l’Ours perd ses poils mais jamais ses vices. Khalifa Sall est libre car le temps dont on avait besoin de lui sous les verrous est révolu. C’est bien le leader de Pastef à qui l’assemblée nationale travaille à mettre au gnouf dans le cadre de ses accusations outrancières. De surcroit, le modèle de fonctionnaire que le président de la République se représente avec ses 1115 recrus cadre bien d’avec la volonté de « Synergie Républicaine » de voter une loi qui empêcherait à un fonctionnaire radié de briguer la magistrature suprême. Des propositions de loi ou des projets de loi qui amélioreraient le vécu des Sénégalais sans pour autant grever nos finances publiques, il y en a à foison, mais on n’en use jamais. Mais s’agissant des lois comme le parrainage, le fonctionnaire radié ou autre, le pouvoir s’en donne à cœur joie. Un pays sans « âme » démocratique, ne serait en réalité qu’une démocratie maquillée. Et il n’y a pas plus pernicieux que cela pour régresser un pays dans ses ambitions démocratiques les plus légitimes. Le dialogue national en cours ne s’use que quand on s’en sert. Diantre !

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